Mardi 29 juillet 2014 14:07

À vélo de Languidic à Istanbul, pour la bonne cause


photo à l’arrivée à istanbul, devant le pont falti sultan mehmet qui joint l’europe à l’asie, au-dessus du bosphore.2

À l’arrivée à Istanbul, devant le pont Falti Sultan Mehmet qui joint l’Europe à l’Asie, au-dessus du Bosphore.

Lundi 4 août vers midi, en gare de Lorient, le Jo et Huguette débarqueront du train, avec leurs montures… Le couple de retraités a pédalé 4 304 km au profit de la lutte contre le syndrome de Wolfram.

Ils sont partis lundi 12 mai du centre bourg de Languidic. Le 18 juillet, 4 304 km plus à l’est, ils ont atteint les rives du Bosphore. Une semaine plus tôt que sur le plan de route préparé par Jo, maître d’œuvre de l’opération.

Sur la route des fleuves

Jo Le Bouter a ainsi bouclé son deuxième voyage humanitaire à vélo, après avoir relié en 2013 New York à San Francisco (5 500 km). Huguette, elle, s’est mise au vélo il y a seulement deux ans. C’est dire l’exploit que représente son périple jusqu’aux portes de l’Asie.

Le couple a suivi la route des fleuves à travers onze pays d’Europe. Mais un autre fil conducteur les a guidés : le soutien à l’association Syndrome de Wolfram que préside Nolwen Le Floch, leur nièce. Il s’agit d’une maladie génétique rare, qui se caractérise par des troubles moteurs, visuels, urinaires… Des symptômes divers qui rendent difficile le diagnostic.

À l’Est, « rien pour le cycliste »

Évidemment, tout n’a pas été rose au cours de ce périple, jalonné par 55 étapes et un rythme quasiment immuable : cinq jours à pousser sur les pédales, quatre jours de repos. La canicule a suivi les trois semaines de froid et d’humidité du départ.

Les impressions de Jo et Huguette sur la France n’étonnent guère : « Les automobilistes français, quelle que soit leur région, n’aiment pas les cyclos, ils klaxonnent en permanence pour nous mettre dans le fossé. En Allemagne, c’est tout le contraire. »

Dans les pays de l’Est, « tout est différent », indique encore le couple. « La pratique du vélo est quasi nulle. Le cycliste est considéré comme celui qui est au plus bas de l’échelle sociale. Rien n’est fait pour lui. Il n’y a aucune piste cyclable, aucune bande de sécurité sur les voies. Cela ne fait pas bien d’être cycliste dans les pays de l’Est. »

Chez un acteur à Istanbul

Tous ces pays, Huguette et Jo les ont visités, mais en routards. Ils n’ont pas dormi à l’hôtel, privilégiant les campings et le logement chez l’habitant. Jo Le Bouter avait prévenu dès le départ : « L’objectif n’est pas de dépenser de l’argent mais de ramener des fonds. »

Leur blog regorge de souvenirs d’étape, car « le voyage à vélo est propice aux rencontres ». Un exemple : au bout du bout de leur traversée, « un acteur de cinéma turc, Suleyman, et sa copine Selin, ont mis à notre disposition leur propre chambre pendant trois nuits à Istanbul. »

Jo et Huguette ont un dernier défi à relever : faire grimper le compteur des dons (2 € le km) par des conférences et expos. Pour l’instant, 1 500 km ont été parrainés. Allez, encore un effort !

Par François NIKLY   Ouest-France